La délégation taïwanaise revient sans les 45 détenus, mais avec des promesses de la Chine

2304-02

Taiwan et la Chine vont faire enquête conjointe sur les réseaux de fraude au téléphone et au Kenya et en Malaisie, ces deux réseaux ciblant avant tout des citoyens chinois, avant de négocier les poursuites que pourraient subir les ressortissants taïwanais impliqués et actuellement emprisonnés sur le Continent, selon un responsable taïwanais ce vendredi de retour sur l’île après trois jours de négociations à Pékin.

Photo: Chen Wen-chi – CNA

TAIPEI 臺北 – Chen Wen-chi (陳文琪), Directrice du Département des Affaires Judiciaires à travers le Détroit auprès du Ministère de la Justice (MOJ 中華民國法務部) est revenue à la tête de sa délégation ce vendredi soir à Taipei, après une visite de trois jours à Pékin. Elle s’y est entretenue avec les autorités quant au sort réservés aux 45 citoyens taïwanais rapatriés depuis le Kenya vers la Chine il y a deux semaines, et qui se trouvent actuellement en détention.

La Chine, qui revendique Taiwan comme faisant partie de son territoire, a fait valoir que les suspects devraient être jugés où les victimes ont été flouées, soit en Chine.

A propos d’une éventuelle libération de ces 45 ressortissants, Mme Chen a déclaré que le processus d’enquête sur les crimes éventuellement commis et la collecte de preuves, étaient toujours en cours et devait être achevée avant de passer à une autre étape.

« La question de savoir comment poursuivre les suspects est mis en suspends pour des négociations ultérieures, » a t-elle dit.

Les deux parties ont convenu d’étudier conjointement cette affaire et d’envoyer de nouvelles délégations d’un côté ou de l’autre afin d’aider à recueillir des preuves en rapport à propos des personnes concernées et leurs actions, a déclaré Mme Chen.

D’autres taïwanais impliqués dans un autre réseau de fraude basé cette fois en Malaisie ont été renvoyés à Taiwan la semaine dernière, et l’île va coopérer avec la Chine pour collecter des preuves auprès de ces individus pour faire la lumière sur une éventuelle culpabilité.

Quant aux membres des familles des personnes actuellement incarcérées en Chine, qui souhaiteraient leur rendre visite, « Pékin a accepté d’organiser activement les visites », a précisé Mme Chen.

Selon la loi chinoise, les membres de la famille ne peuvent rendre visite aux détenus qu’après la fin d’un procès, mais la question peut-être organisée sur la base du cas par cas, via les deux associations de conciliation dans le Détroit que sont, la Fondation pour les Echanges dans le Détroit (SEF 海峽交流基金會) à Taiwan et l’Association des Relations dans le Détroit (ARATS 海峡两岸关系协会) en Chine.

En ce qui concerne le traitement des affaires pénales trans-frontalières qui pourraient être similaires dans l’avenir, Mme Chen a déclaré que les deux parties ont convenu de chercher un modèle raisonnable de traitement, grâce à des consultations actives entre les deux Associations, pour aider à combattre la criminalité et protéger les victimes.

La délégation de Mme Chen a visité jeudi un centre de détention à Pékin, où ils ont pu s’entretenir via un lien vidéo avec plusieurs des 45 détenus taïwanais. Ils ont ensuite rencontré des responsables de la sécurité publique chinoise •

Chang Guo-fen 張國芬
Département Politique
chang.guofen[at]taipeisoir.net

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